23 mai 2013

Shanghai how to do No.4 - "Very cheap for you my friend ! Come come !"

Devinette : c'est le sport national en Chine, encore faut-il aimer le pratiquer tout le temps, ou aimer débourser plus que tout le monde ! Je suis je suis je suis ...
... le marchandage !

Il est bien sûr préférable de ne pas négocier partout où vous entrez, mais plutôt de savoir repérer où cela se pratique. Evidemment, la règle n°1 est que si le prix n’est pas affiché, tout est possible. Les lieux les plus ouverts à la négociation sont les grands marchés (vêtements, accessoires, informatiques, fleurs, nourriture, …), les boutiques chinoises (indépendantes), les lieux touristiques, et auprès des vendeurs de rue.
Dans les magasins de grandes marques (Esprit, H&M, Zara, IKEA, Carrefour, etc ...), n’espérez pas entamer une négociation avec la caissière, les prix sont fixes (mais il y a souvent des soldes !). En gros, si vous rentrez dans une boutique et voyez fièrement posée sur le comptoir l'outil de base de la négo ici : la grosse calculatrice à grosses touches hello kitty, c'est que la maison pratique le marchandage !
Les vendeurs chinois s'attendent quasiment tout le temps à négocier les prix, c'est une pratique inscrite dans la culture chinoise. En voyant arriver un étranger (Lǎowài 老外), le réflexe de base du vendeur est de gonfler le prix au delà du raisonnable. Mais le chinois est très commerçant, et on décèle rapidement la marge de manœuvre : il suffit d'hésiter à acheter et le vendeur empoigne sa grosse calculatrice prêt à faire la première démarque appelée "but just for you my friend special price"! Le prix baisse alors en général d'un coup sans qu'on ait eu à ouvrir la bouche pour râler, même si le prix frise encore l'indécence et même si à ce moment là le vendeur soutient que c'est "very cheap, best quality" !

A fuir : le total look touriste ! Baragouiner quelques mots de chinois attirera davantage les faveurs et la sympathie du vendeur, il sera alors plus enclin à parler avec vous et à vous accorder le discount espéré.
Evidemment, la base ce sont les chiffres !
 1 / èr  2 / sān  3 / 4 / wǔ  5 / liù  6 /  7 /  8 / jiǔ  9 / shí 10 / shíyī 11 / shí'èr  12 / shìsān 13 / èrshí 20
Yībǎi 100 / Liǎng bǎi 200 / Yībǎi liùshí 160

Quelques phrases feront la différence également !
Yī diǎndiǎ! Un tout petit peu! - en réponse à la question Nǐ huì shuō hànyǔ ma? Tu parles chinois?
Xǐhuan ma?  Vous aimez ?
Duōshǎo qián?  Combien ça coûte ?
Wǒ bùshì měiguó rén  Je ne suis pas Américain – petite boutade, les américains sont réputés avoir trop d’argent à dépenser, si bien qu’ils ne négocient pratiquement jamais les prix
Wǒ shì fàguó rén  Je suis Français
Tài guìle!  C’est trop cher !
Wǒ tīng bù dǒng ! Je ne comprends pas

En exclu, voici le jeu de la négociation à la chinoise, expérimenté à maintes reprises :
à la base/ ne pas paraître trop intéressé par l'article convoité. Le vendeur vous sautera probablement dessus en vous demandant "Xǐhuan ma? 欢吗", prendre alors un air détaché et répondre un petit "maybe", puis demander le plus simplement du monde Duōshǎo qián 多少
1/ on a remarqué que souvent le multiple préféré des vendeurs était le 3, donc la base de toute ouverture de négociation est de rediviser le prix annoncé (enfin pour peu que le prix de départ ne soit pas complètement hallucinant) pour aboutir a un prix convenable! Attention, le vendeur peut espérer vous avoir en vous demandant de donner un prix en premier "how much you want?". Demandez vous combien vous êtes prêt à mettre pour cet article (un exercice difficile !), insistez pour que ce soit lui qui fasse la 1ère offre, puis annoncez votre prix ! Quoiqu'il en soit, à l'annonce du déraisonnable prix, faire juste l’étonné et sourire permet d’entamer dans de bonnes conditions la négociation !
2/ à l'annonce du prix divisé, si le vendeur fait une grimace, prend sa calculette à grosses touches, engage la discussion en ressortant même sa rengaine "just for you my friend very cheap!", c'est quasi dans la poche ! S'en suivra la partie principale de la négociation, à coup de "how much you want?", "what is your last price?" "oh please this is the best quality, I cannot this price" avec limite la larme à l'oeil. Intervient néanmoins la règle ultime : rester inflexible sur son prix (ok pour l'effort minimum de quelques yuan sur la fin!) car s'il marchande, c'est que l'on n'est pas tombé loin du vrai bon prix !
2bis/ si après l'étape division par 3 il ne joue pas le jeu et n'ouvre même pas la discussion, ce n'est vraiment pas bon signe : ou il préfère ne pas vendre, ou l'on est en dessous de son prix de revient.
3/ s'il reste buté et qu'il y a des longueurs, activez l'option faire semblant de partir (sans s'énerver, smile toujours!). S'il vous court après, c'est que véritablement son seuil limite de prix de vente n'est pas atteint !
4/ lorsque l'on arrive à ses fins, le prix de départ est souvent bien éloigné du prix final ! Même si c’est tentant d’aider ces autres étrangers en train de négocier le même article, il ne vaut mieux pas crier haut et fort le prix que l’on vient d’obtenir (ou alors le faire discrètement loin de la boutique). De cette façon on garde la sympathie du vendeur, et la prochaine fois la négociation sera plus simple (les vendeurs chinois ont une bonne mémoire!)
Au fabrik market, on négocie un fake trench
Burberry pour 40/50€ !

NB1 : le vendeur chinois est très très bon comédien! Chaque négociation est une scène à part entière ! Il sait faire la mine boudeuse, feindre l’ignorance, et a beaucoup d'arguments en stock ! Mais ne vous inquiétez pas, non en négociant durement vous ne lui retirez pas la nourriture de la bouche, ni de celles de sa famille … non il ne vend pas à perte ... non vous ne voulez pas faire fermer sa boutique … et oui on est vraiment dur en affaire ! Les comptes des boutiques s’équilibrent surement entre les prix obtenus après de féroces négociations, et ceux obtenus auprès des personnes pressées peu enclin à marchander !
NB2 : acheter plusieurs choses en mêmes temps peut également permettre d’obtenir les réductions escomptées : dans ce cas, entamez la négociation du 1er article puis portez à l’attention du vendeur que d’autres articles vous intéressent (pour obtenir un second discount de prix de groupe !)!
NB3 : attention au faux ! Dans certaines boutiques (dites d’antiquités par exemple), certains articles sont annoncés à un prix tellement élevé que l'on pense directement avoir fait une trouvaille, si bien qu’obtenir l’objet pour 3 fois moins nous laisserait penser qu’on y gagne... mais ce n'est pas toujours le cas, il faut faire preuve d'un peu de bon sens. Ne soyez vraiment pas étonné de repartir avec l'objet pour 20 RMB après une négociation drastique qui débutait à 1500 RMB !
NB4 : une négociation trop rapide laisse toujours une certaine frustration : a t-on vraiment tirer le prix au plus bas pour qu'il accepte si vite sans rechigner ?! … jamais content !

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HOW TO DO SOMMAIRE

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